Port-Gentil : scandale à l’état civil, le maire Pascal Houangni Ambouroue face à un réseau de timbres municipaux frauduleux

Port-Gentil : scandale à l’état civil, le maire Pascal Houangni Ambouroue face à un réseau de timbres municipaux frauduleux

Un vent de fermeté souffle sur l’Hôtel de Ville de Port-Gentil. L’audit interne diligenté par Pascal Houangni Ambouroue, maire central de la commune, a mis au jour l’existence d’un réseau structuré de vente illicite de timbres municipaux au sein du service d’état civil. Une découverte aux ramifications préoccupantes, qui a conduit l’édile à signer une note d’information mettant en garde l’ensemble des agents municipaux contre toute pratique frauduleuse, avec menace de sanctions en cas de flagrant délit.

Des dénonciations anonymes à l’origine de l’enquête

À l’origine de cette affaire, des dénonciations anonymes recueillies à la demande du maire. Ces signalements ont permis de révéler des pratiques contraires à l’éthique administrative et portant gravement atteinte à l’image de l’institution municipale. Il a été établi que des timbres d’une valeur nominale de 1 000 F CFA étaient revendus aux usagers à des montants oscillant entre 1 500 et 2 000 F CFA. Un surcoût injustifié qui constitue un préjudice financier direct pour les citoyens, déjà confrontés à de nombreuses contraintes économiques.

Un système de fraude plus élaboré

Mais au-delà de la simple revente à prix majoré, les révélations relayées par Ogooué-Maritime Infos (OMI) décrivent un système de fraude plus élaboré. Selon ces informations, certains agents impliqués ne se contenteraient pas de détourner des timbres à des fins lucratives. Ils procéderaient également au décollage de timbres apposés sur des documents arrivés à expiration pour les réutiliser sur de nouveaux actes administratifs, leur conférant ainsi une apparence de légalité. Cette méthode serait particulièrement répandue dans le traitement des dossiers de mariage, considérés comme plus rentables en raison des frais qui y sont associés.

Des pratiques anciennes et un déficit de contrôle

Les éléments recueillis laissent entendre que ces pratiques perdureraient depuis plusieurs années, aussi bien dans les mairies d’arrondissement qu’à la mairie centrale. Des sources internes à la police municipale évoquent des soupçons anciens et des informations circulant depuis un certain temps. Toutefois, les tentatives d’investigation menées par le passé auraient été freinées par les administrations précédentes, empêchant toute clarification ou sanction effective.

L’ampleur du phénomène suggère qu’il ne s’agit pas d’actes isolés, mais d’un dysfonctionnement plus profond dans les mécanismes de contrôle et de supervision des services concernés. La répétition de tels agissements soulève inévitablement des interrogations sur la chaîne hiérarchique et l’efficacité des dispositifs internes de suivi.

La question des circuits d’approvisionnement

Dans sa note administrative, le maire a rappelé un principe fondamental : la vente des timbres municipaux relève exclusivement de la compétence du Trésor public. Ce rappel met en lumière une question centrale : par quels circuits certains agents municipaux parviennent-ils à s’approvisionner en timbres pour alimenter ce marché parallèle ?

En période de pénurie, des timbres officiellement vendus 5 000 F CFA au Trésor auraient été proposés à 10 000 F CFA par des agents indélicats, illustrant l’existence d’un circuit informel organisé et opportuniste.

Vers une réforme des procédures et plus de transparence

Au-delà du scandale, cette affaire révèle la nécessité d’une réforme en profondeur des procédures internes et des mécanismes de traçabilité au sein des services municipaux. Elle impose également un renforcement du contrôle, la digitalisation des actes administratifs et une plus grande transparence dans la gestion des ressources publiques.

Un tournant pour la mairie de Port-Gentil

La mairie de Port-Gentil se trouve aujourd’hui à un tournant décisif. L’initiative d’audit engagée par Pascal Houangni Ambouroue marque une volonté affichée de rompre avec certaines pratiques héritées du passé. Reste désormais à traduire cette volonté en actes concrets, afin de restaurer durablement la confiance des administrés et de réhabiliter l’image de l’administration municipale.

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