
Tabac au Gabon : fumer dans les lieux publics désormais interdit, les contrevenants sous la menace de sanctions
Libreville – Le Gabon franchit une nouvelle étape dans sa politique de protection de la santé publique. À travers l’ordonnance n°0020/PR/2026 du 26 février 2026, publiée au Journal officiel n°113 bis du 7 mai 2026, les autorités gabonaises instaurent un cadre réglementaire beaucoup plus strict visant à encadrer la consommation du tabac, de la nicotine et des produits assimilés. Cette réforme marque une volonté affirmée de réduire l’exposition des populations aux risques liés au tabagisme actif et passif.
Pris en application de la Convention-cadre de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour la lutte antitabac, ce texte introduit plusieurs mesures destinées à limiter la présence du tabac dans l’espace public, à renforcer la prévention sanitaire et à mieux protéger les populations les plus vulnérables.
Les espaces publics désormais placés sous haute protection
L’une des dispositions majeures de cette ordonnance concerne l’interdiction formelle de fumer dans les lieux accessibles au public. Selon l’article 17, l’usage de tout produit du tabac, de la nicotine ou de leurs dérivés est désormais prohibé dans l’ensemble des espaces publics, des lieux collectifs et des environnements professionnels.
La mesure couvre un large éventail d’infrastructures. Les établissements scolaires et universitaires, les structures de santé, les bâtiments administratifs, les hôtels, bars, restaurants, discothèques, casinos, supermarchés, salles de sport, bibliothèques, salles de spectacles, cinémas ou encore théâtres figurent parmi les espaces concernés. L’interdiction s’étend également aux moyens de transport public, aux halls d’aéroports, aux gares, aux ports, aux abribus, aux ascenseurs ainsi qu’aux parties communes des immeubles d’habitation.
Par cette décision, les pouvoirs publics entendent réduire de manière significative l’exposition involontaire des citoyens à la fumée du tabac, reconnue comme un facteur majeur de nombreuses pathologies respiratoires, cardiovasculaires et cancéreuses.
De nouvelles obligations pour les gestionnaires d’établissements
L’ordonnance ne se limite pas aux seuls consommateurs. Les responsables des établissements accueillant du public sont désormais tenus de mettre en œuvre plusieurs mesures de conformité.
Ils devront notamment afficher de manière visible les panneaux signalant l’interdiction de fumer, retirer les cendriers présents dans les espaces concernés et prendre toutes les dispositions légales nécessaires pour faire respecter la réglementation. Cette responsabilité élargie vise à garantir l’application effective du dispositif sur l’ensemble du territoire national.
Les autorités espèrent ainsi instaurer progressivement une culture de respect des espaces sans fumée, à l’image des standards déjà appliqués dans de nombreux pays engagés dans la lutte contre le tabagisme.
Des sanctions prévues pour les contrevenants
Afin d’assurer l’efficacité de cette réforme, le texte prévoit un régime de sanctions à l’encontre des personnes physiques et morales qui enfreindraient les nouvelles dispositions.
Les amendes pourront varier selon la nature de l’infraction et le statut du contrevenant. Les particuliers, les revendeurs, les grossistes ou encore les fabricants de produits du tabac sont tous concernés par ce dispositif répressif destiné à décourager les comportements contraires à la réglementation.
Cette approche combine ainsi prévention, sensibilisation et sanction, dans l’objectif de réduire durablement la consommation du tabac au Gabon.
Un tournant pour la santé publique
Avec cette ordonnance, le Gabon affiche son ambition de renforcer la protection sanitaire de ses citoyens et de se conformer davantage aux engagements internationaux en matière de lutte antitabac. La création d’espaces publics totalement protégés contre la fumée représente une évolution importante dans la politique nationale de santé.
Au-delà de la réglementation, les autorités misent également sur un changement progressif des comportements afin de préserver les générations futures des conséquences sanitaires, sociales et économiques liées à la consommation du tabac et de ses dérivés.

