Orpaillage au Gabon : l’exploitation aurifère responsable de plus de 95 % des pertes forestières minières en six mois

Orpaillage au Gabon : l’exploitation aurifère responsable de plus de 95 % des pertes forestières minières en six mois

Libreville – L’exploitation de l’or apparaît comme le principal facteur de dégradation du couvert forestier lié aux activités minières au Gabon. Selon les données de surveillance environnementale de l’Agence gabonaise d’études et d’observations spatiales (AGEOS), l’orpaillage serait à l’origine de plus de 95 % des pertes forestières enregistrées dans le secteur minier au premier semestre 2026.

Entre janvier et juin 2026, 752,61 hectares de forêt auraient été détruits par les activités aurifères, représentant 95,08 % des superficies forestières affectées par l’exploitation minière sur cette période.

Ces chiffres mettent en évidence l’impact particulièrement marqué de l’extraction d’or, notamment dans les zones concernées par les activités de petites mines.

L’or domine largement les pertes forestières minières

Les données de l’AGEOS montrent un écart important entre les différentes substances exploitées.

Sur les superficies forestières perdues au premier semestre 2026 :

  • Or : 752,61 hectares détruits, soit 95,08 % des pertes liées au secteur minier ;
  • Manganèse : 33,24 hectares, soit 4,20 % ;
  • Fer : 5,70 hectares, soit 0,72 %.

Cette répartition confirme que l’exploitation aurifère constitue aujourd’hui la principale pression exercée par le secteur minier sur les espaces forestiers gabonais.

Selon l’agence, ces pertes sont principalement liées à des opérateurs titulaires de permis de petites mines, où l’activité aurifère reste dominante.

Le défi du contrôle des activités minières

Face à cette situation, les autorités doivent relever un double défi : valoriser les ressources naturelles du pays tout en limitant les conséquences environnementales de leur exploitation.

Le Gabon dispose en effet d’un patrimoine forestier exceptionnel, avec une couverture forestière représentant une grande partie de son territoire. Cette richesse naturelle constitue un atout majeur dans la lutte contre le changement climatique et la préservation de la biodiversité.

Cependant, l’expansion des activités extractives, notamment celles liées à l’or, impose un renforcement des mécanismes de surveillance, de contrôle des permis miniers et de réhabilitation des sites exploités.

La technologie satellitaire au service de la protection des forêts

Pour établir son diagnostic, l’AGEOS s’appuie sur des outils modernes d’observation de la Terre.

L’agence utilise notamment :

  • des images satellitaires Landsat ;
  • des données issues des satellites Sentinel ;
  • des plateformes internationales de suivi de la couverture forestière.

Ces technologies permettent d’identifier les zones touchées par la déforestation, de mesurer l’évolution des surfaces forestières et d’attribuer les pertes observées aux différentes activités humaines.

Ce suivi constitue un outil essentiel pour améliorer la gouvernance environnementale et orienter les décisions publiques.

Vers une exploitation minière plus responsable

Alors que le Gabon affirme son ambition de concilier développement économique et protection de l’environnement, les données de l’AGEOS rappellent l’importance d’un encadrement plus strict des activités minières.

Le renforcement des contrôles, la lutte contre l’exploitation illégale de l’or, la restauration des sites dégradés et l’application effective des normes environnementales apparaissent comme des conditions essentielles pour préserver les forêts gabonaises.

Au-delà des chiffres, cette situation pose une question centrale : comment transformer les ressources minières du pays en moteur de croissance tout en protégeant un patrimoine naturel considéré comme stratégique à l’échelle mondiale ?

CATEGORIES
Share This

COMMENTS

Wordpress (0)
Disqus ( )