
Gabon : Oligui Nguema veut faire de la souveraineté économique le moteur de l’indépendance
Ressources naturelles, infrastructures, énergie et capital humain au cœur de la nouvelle ambition présidentielle
À l’occasion du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance du Gabon, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a placé la souveraineté économique au centre de son discours à la Nation. Le chef de l’État défend une nouvelle approche des relations économiques du Gabon : coopérer avec les partenaires étrangers, mais sur la base de rapports qu’il souhaite plus équilibrés, sans dépendance.
« Nous voulons la coopération, des partenariats d’égal à égal et non la dépendance », a-t-il notamment déclaré, en présentant l’indépendance économique comme un levier devant contribuer directement à l’amélioration des conditions de vie des Gabonais.
Sortir de la dépendance aux matières premières
Pour le président gabonais, la souveraineté économique passe d’abord par une meilleure maîtrise des richesses nationales. L’économie reste fortement dépendante de quelques matières premières, notamment le pétrole, le manganèse et le bois, qui représentent une part très importante des exportations du pays.
L’ambition affichée est donc de dépasser le modèle consistant principalement à extraire et exporter les ressources brutes. Le gouvernement entend davantage miser sur leur transformation locale afin de créer de la valeur ajoutée, des emplois et de nouvelles opportunités économiques au Gabon.
Cette volonté avait déjà été exprimée par le chef de l’État lors de précédentes interventions, notamment autour de la transformation locale du manganèse, avec l’objectif affiché de renforcer la capacité du Gabon à maîtriser davantage la chaîne de valeur de ses ressources.
Infrastructures et énergie : les piliers de la transformation
La souveraineté économique ne se limite toutefois pas aux ressources minières ou pétrolières. Dans son message à la Nation, Oligui Nguema a également insisté sur la modernisation des infrastructures et le développement du secteur énergétique.
Pour le chef de l’État, disposer d’une énergie suffisante et d’infrastructures modernes constitue une condition indispensable pour soutenir l’activité économique, attirer les investissements et améliorer le quotidien des populations.
Cette stratégie rejoint également la volonté de renforcer la souveraineté numérique du pays. L’inauguration du premier Data Center national, présenté comme une infrastructure permettant notamment d’héberger et de sécuriser localement les données de l’État, des entreprises et des citoyens, illustre cette orientation.
Le capital humain au cœur du projet
Autre priorité affichée : la formation des Gabonais. Le président entend faire du capital humain l’un des principaux moteurs de la transformation économique.
La formation professionnelle et les filières susceptibles de répondre aux besoins du marché de l’emploi doivent ainsi occuper une place plus importante dans la stratégie nationale. L’objectif est de disposer de compétences capables d’accompagner la transformation des ressources, le développement des infrastructures, l’industrialisation et la diversification de l’économie.
La jeunesse apparaît ainsi comme un acteur central de cette ambition : il ne s’agit plus seulement de disposer de ressources naturelles, mais de disposer également des compétences nécessaires pour les valoriser.
Des partenariats, mais à égalité
L’ambition de souveraineté défendue par Oligui Nguema ne signifie pas un retrait du Gabon de la coopération internationale. Bien au contraire, le président revendique une diplomatie économique active, destinée à attirer les investissements et à nouer de nouveaux partenariats.
La différence, selon le discours présidentiel, réside dans la nature de ces relations : le Gabon veut coopérer sans renoncer à la maîtrise de ses intérêts stratégiques.
Cette orientation s’inscrit dans une diplomatie menée depuis plusieurs années à travers l’Afrique, l’Europe, les Amériques et l’Asie, avec la recherche de partenariats présentés comme équilibrés et respectueux de la souveraineté nationale.
Transformer les richesses en prospérité
Derrière cette ambition se trouve finalement une question centrale : comment transformer les importantes ressources naturelles du Gabon en amélioration durable des conditions de vie de sa population ?
Pour Oligui Nguema, la réponse passe par la diversification économique, la transformation locale, l’énergie, les infrastructures, la formation et une meilleure capacité du pays à décider de l’utilisation de ses ressources.
La souveraineté économique apparaît ainsi comme le prolongement de l’indépendance politique : être indépendant ne consisterait plus seulement à disposer d’un territoire et d’institutions, mais aussi à être capable de produire, transformer, investir, former et créer de la valeur sur son propre sol.
Reste désormais à transformer cette ambition présidentielle en résultats concrets et durables pour les ménages, les entreprises et les territoires. C’est à cette condition que la souveraineté économique pourra dépasser le stade du discours pour devenir une réalité quotidienne pour les Gabonais.

