
Biosécurité végétale : Libreville au cœur de la riposte africaine contre les ravageurs des cultures
Du 4 au 7 août 2026, Libreville accueille l’atelier régional de la Convention internationale pour la protection des végétaux (CIPV), réunissant experts, autorités phytosanitaires et partenaires techniques autour d’un défi majeur : renforcer la protection des végétaux face aux ravageurs et aux maladies transfrontalières qui menacent la sécurité alimentaire.
Cette rencontre confirme le rôle du Gabon dans les initiatives régionales visant à consolider les dispositifs de biosécurité et à harmoniser les pratiques phytosanitaires.
Des pertes agricoles aux conséquences mondiales
Les chiffres présentés illustrent l’ampleur du défi. Selon la FAO, les végétaux représentent près de 80 % de l’alimentation mondiale et produisent environ 98 % de l’oxygène que nous respirons.
Pourtant, jusqu’à 40 % des récoltes sont détruites chaque année par les ravageurs et les maladies des plantes.
Ces attaques engendrent un coût économique supérieur à 220 milliards de dollars par an, dont près de 70 milliards sont imputables aux seuls insectes ravageurs.
La CIPV pour harmoniser les règles phytosanitaires
La Convention internationale pour la protection des végétaux, qui rassemble 185 États membres, dont le Gabon, a élaboré plus d’une centaine de Normes internationales pour les mesures phytosanitaires (NIMP).
Ces normes visent à sécuriser les échanges commerciaux tout en limitant la propagation d’organismes nuisibles susceptibles d’affecter les productions agricoles, les écosystèmes et les économies nationales.
L’atelier de Libreville offre ainsi un cadre d’échanges pour renforcer la coopération régionale et partager les bonnes pratiques en matière de prévention phytosanitaire.
L’AGASA en première ligne
Au Gabon, la mise en œuvre de ces normes est assurée par l’Agence gabonaise de sécurité alimentaire (AGASA).
L’agence contrôle les risques sanitaires liés aux végétaux et veille à ce que les importateurs disposent des autorisations et certificats phytosanitaires requis.
Chaque cargaison fait l’objet de contrôles documentaires et d’inspections afin de prévenir l’introduction d’organismes nuisibles sur le territoire national.
Renforcer la coopération pour anticiper les menaces
À travers l’organisation de cet atelier régional, le Gabon réaffirme son engagement en faveur d’une gouvernance phytosanitaire fondée sur la prévention, la coopération internationale et l’application des normes internationales.
Dans un contexte marqué par l’intensification des échanges commerciaux et les effets du changement climatique, les participants rappellent que la protection des végétaux est devenue un enjeu stratégique pour la sécurité alimentaire, la préservation de la biodiversité et le développement économique des États.

