
Gabon–Fortescue : Belinga entre dans une nouvelle phase, le pari d’un partenariat industriel de long terme
Le projet de fer de Belinga s’impose davantage comme l’un des dossiers structurants de la transformation économique du Gabon. Une nouvelle étape a été franchie ce lundi 28 septembre 2026 avec une rencontre stratégique entre le gouvernement gabonais, Fortescue et plusieurs partenaires internationaux du groupe australien.
Présidée par le Vice-président du Gouvernement, Hermann Immongault, cette rencontre avait pour objectif d’examiner les perspectives de coopération autour de Belinga et des infrastructures indispensables à son développement. Les discussions ont notamment porté sur les infrastructures, les équipements miniers et ferroviaires, l’ingénierie maritime et le dragage.
Au-delà de l’exploitation du minerai de fer, l’enjeu est désormais de structurer un véritable écosystème industriel autour du projet. Le gouvernement souhaite notamment renforcer la participation des entreprises gabonaises, développer les compétences nationales et favoriser une utilisation locale accrue des ressources.
« Nous devons ici trouver le point d’équilibre entre l’expertise et la capacité opérationnelle d’un partenaire industriel de dimension internationale » et les intérêts stratégiques de l’État gabonais, a souligné Hermann Immongault, appelant à bâtir un partenariat « juridiquement clair » et fondé sur la transparence.
Une mobilisation internationale autour de Belinga
Pour accompagner le développement du projet, Fortescue s’est entouré de partenaires issus de plusieurs pays. Son fondateur Andrew Forrest a indiqué que le groupe avait réuni des entreprises et expertises provenant notamment d’Australie, de Suisse, de Belgique, de Chine, des États-Unis, du Royaume-Uni et de France.
Sur le terrain, le projet connaît également une accélération des activités d’exploration. Fortescue prévoit désormais de porter de cinq à dix le nombre d’appareils de forage et vise environ 375 000 mètres de forage à Belinga, Batouala et Boka Boka. Les effectifs directs, actuellement estimés autour de 1 250 personnes, pourraient atteindre 1 450 à terme.
Emploi, formation et retombées locales
Le volet social et économique occupe également une place croissante dans le partenariat. Fortescue Belinga revendique 1 246 emplois directs, dont 82 % occupés par des Gabonais et 57 % par des ressortissants de l’Ogooué-Ivindo. L’entreprise indique par ailleurs avoir consacré environ 2,5 milliards de FCFA à des projets communautaires au 30 juin 2026.
À Makokou, l’entreprise a également apporté du matériel au Centre de Formation Professionnelle et prévoit, avec les autorités, des dispositifs de formation destinés aux jeunes de la province, avec des perspectives de recrutement à l’issue des parcours.
Un projet qui dépasse la seule mine
Le développement de Belinga est étroitement lié à la construction d’infrastructures de transport et d’exportation. Le projet présenté par les autorités gabonaises comprend notamment une liaison ferroviaire, un port minéralier en eau profonde et des infrastructures énergétiques destinées à accompagner la chaîne de production.
À ce stade, Belinga demeure toutefois dans une phase de développement et d’exploration. Les prochaines étapes devront notamment permettre de consolider les études techniques, les autorisations et les conditions commerciales nécessaires à la réalisation complète du projet.
Avec la rencontre de ce 28 septembre, Libreville entend ainsi poser les bases d’un partenariat de long terme avec Fortescue : attirer les investissements et l’expertise internationale, tout en renforçant la maîtrise nationale des retombées économiques, industrielles et humaines liées à Belinga.

