
Rage canine : le Dr Bertony Otoro alerte sur l’échéance de 2030
À l’occasion de la Journée mondiale de la rage, célébrée ce 28 septembre 2026 sous le thème « Ensemble plus fort », le Dr Bertony Otoro, président du Conseil national de l’Ordre des médecins vétérinaires du Gabon, alerte sur les difficultés du pays à atteindre l’objectif de zéro décès humain lié à la rage transmise par les chiens d’ici 2030.
Selon le vétérinaire, plusieurs obstacles persistent, notamment la baisse de la couverture vaccinale canine, l’absence de campagnes nationales annuelles et continues ainsi que le manque de données fiables sur la population de chiens au Gabon.
Pour contrôler efficacement la transmission de la rage, l’Organisation mondiale de la santé animale recommande de vacciner au moins 70 % de la population canine chaque année, pendant trois années consécutives. Sur la base d’une estimation d’environ 175 931 chiens au Gabon, cela représenterait près de 123 152 animaux à vacciner chaque année.
Trois leviers pour renforcer la lutte
Le Dr Otoro préconise notamment une mise à niveau des services vétérinaires nationaux, la mise en place d’un système d’identification numérique obligatoire des carnivores domestiques et la sécurisation du financement des campagnes de vaccination de masse sur plusieurs années.
Cette approche rejoint les orientations déjà retenues par les autorités gabonaises. En 2023, le ministère de la Santé rappelait que le pays s’était engagé à atteindre l’objectif de « zéro décès humains dus à la rage transmise par les chiens d’ici 2030 », dans le cadre d’une stratégie fondée sur l’approche « Une seule santé ».
La prévention demeure essentielle : la vaccination des chiens constitue le principal moyen de réduire la transmission, tandis que toute personne exposée à une morsure suspecte doit bénéficier rapidement d’une prise en charge médicale. La rage déclarée chez l’être humain reste une maladie presque toujours mortelle, mais elle peut être prévenue lorsqu’une prise en charge adaptée intervient après l’exposition.
Pour le président de l’Ordre des médecins vétérinaires, l’échéance de 2030 nécessitera donc des efforts soutenus, une meilleure coordination entre les secteurs de la santé humaine et animale et des moyens financiers durables.

