
Gabon : le CESEC met le foncier coutumier et l’accès aux soins au centre des priorités
Le Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC) veut faire entendre la voix des communautés sur deux préoccupations majeures : la protection des terres ancestrales et l’accès aux soins de santé. À l’issue de sa deuxième session ordinaire de 2026, l’institution a formulé plusieurs recommandations destinées à orienter l’action des pouvoirs publics.
Les terres ancestrales au cœur du débat
Le CESEC estime que le cadre juridique gabonais doit mieux prendre en compte les réalités liées au foncier coutumier. L’institution propose notamment d’intégrer le droit foncier traditionnel au Code foncier et de reconnaître juridiquement les territoires communautaires, les espaces patrimoniaux ainsi que les sites sacrés.
La question porte également sur les droits d’usage collectifs. Pour le CESEC, une meilleure prise en compte de ces réalités permettrait de sécuriser davantage les droits des communautés et des populations autochtones sur des terres auxquelles elles sont historiquement liées.
Cette réflexion intervient alors que la réforme foncière constitue déjà un chantier important des pouvoirs publics. En février 2026, la Présidence avait annoncé l’accélération de la délivrance des titres fonciers et la mise en place d’un guichet unique destiné à simplifier les procédures.
La santé, une autre urgence sociale
L’accès aux soins et aux médicaments a constitué le second grand axe des travaux du CESEC. L’institution relève notamment les difficultés liées au coût des médicaments, à leur disponibilité et à l’accès géographique aux structures sanitaires.
Parmi les recommandations formulées figure une augmentation des crédits consacrés à la santé, ainsi qu’une amélioration de l’exécution du budget du secteur. Le CESEC souhaite également renforcer les moyens humains dans les structures sanitaires.
La production pharmaceutique nationale fait également partie des pistes avancées. Le Conseil recommande notamment de renforcer les synergies entre l’usine de médicaments de Nkok, l’Office pharmaceutique national et l’Agence du médicament afin de limiter les risques de rupture de stocks. Il préconise également une participation de l’État au capital de l’usine pharmaceutique de Nkok.
Des recommandations désormais attendues sur le terrain
Pour Guy Bertrand Mapangou, président du CESEC, l’objectif des travaux n’était pas seulement d’établir des constats, mais de faire émerger des propositions susceptibles d’éclairer les décisions publiques. L’institution souhaite désormais que ses recommandations connaissent des suites concrètes auprès du gouvernement et du Parlement.
Alors que se prépare l’examen de la loi de finances initiale pour 2027, les propositions du CESEC pourraient ainsi alimenter les prochains arbitrages sur le foncier, la santé et les politiques publiques destinées aux populations les plus vulnérables.

