
Santé mentale au Gabon : un défi national entre stigmatisation et manque de moyens
La santé mentale au Gabon demeure un sujet préoccupant, marqué par des défis structurels et sociétaux persistants. Malgré l’adoption d’une Politique Nationale de Santé Mentale en 2013, visant à intégrer les soins psychiatriques dans les services de santé primaires, les avancées concrètes restent limitées .
Le pays ne dispose actuellement que d’un seul centre psychiatrique, le Centre National de Santé Mentale de Melen à Libreville, doté de 100 lits. Cependant, une grande partie de ces lits est occupée par des patients stabilisés qui, faute de structures de réinsertion, ne peuvent réintégrer leur milieu familial. Certains y résident depuis plus de 20 ans, mettant en évidence l’absence de solutions de suivi et de réhabilitation adaptées .
La stigmatisation des troubles mentaux demeure également un obstacle majeur. De nombreuses croyances culturelles et religieuses interprètent ces troubles comme des faiblesses morales ou des punitions divines, dissuadant ainsi les individus de rechercher une aide professionnelle .
Face à cette situation, des initiatives citoyennes émergent. L’association Andass a lancé en janvier 2025 la deuxième édition du « Mois de la santé mentale », visant à sensibiliser la population sur les troubles psychiques et à encourager un dialogue ouvert sur cette problématique souvent ignorée .
Pour améliorer la prise en charge de la santé mentale au Gabon, il est essentiel de renforcer les infrastructures existantes, de former davantage de professionnels spécialisés et de mener des campagnes de sensibilisation pour lutter contre la stigmatisation. Une approche multisectorielle, impliquant les autorités, les professionnels de santé et la société civile, est indispensable pour garantir un accès équitable aux soins mentaux pour tous les citoyens.

