
Tabac et nicotine : le gouvernement sonne l’alarme pour protéger la jeunesse gabonaise
À l’occasion de la Journée mondiale sans tabac célébrée le 31 mai, le gouvernement gabonais a réaffirmé sa détermination à lutter contre la consommation de tabac et de nicotine chez les jeunes. À travers un message fort, la ministre de la Santé, Pr Elsa Nkana Joséphine Ayo épouse Bivigou, a appelé à une mobilisation collective face à ce qu’elle qualifie de menace croissante pour la santé et l’avenir de la jeunesse gabonaise.
Placée sous le thème « Démasquer le faux attrait : agir pour lutter contre la délinquance à la nicotine et au tabac », cette édition 2026 met en lumière les techniques marketing utilisées par l’industrie du tabac pour séduire les adolescents, notamment à travers des produits aux saveurs attractives, des emballages modernes et une présence accrue sur les réseaux sociaux.
Une situation préoccupante en milieu scolaire
S’appuyant sur les résultats d’une enquête menée auprès de 115 736 élèves du secondaire, la ministre a dressé un état des lieux alarmant. Selon les données présentées, 11,9 % des élèves interrogés déclarent avoir déjà fumé, tandis que 6,5 % sont des consommateurs réguliers de tabac. Plus inquiétant encore, près d’un tiers des élèves, soit plus de 32 %, sont exposés au tabagisme passif.
L’étude révèle également que 13,8 % des jeunes consomment des substances hallucinogènes et que seuls 31,4 % d’entre eux ont bénéficié d’actions de sensibilisation sur les dangers liés aux addictions.
Pour les autorités sanitaires, ces chiffres témoignent de l’ampleur du défi à relever dans les établissements scolaires et mettent en évidence la nécessité de renforcer les actions de prévention auprès des jeunes générations.
Des adolescents particulièrement ciblés
Au-delà des statistiques, le gouvernement s’inquiète surtout de l’influence grandissante exercée par l’industrie du tabac sur les adolescents. Selon la ministre de la Santé, plus de la moitié des élèves gabonais seraient exposés aux stratégies promotionnelles destinées à banaliser la consommation de nicotine.
Produits aromatisés, cigarettes électroniques aux designs attractifs, campagnes numériques et contenus relayés sur les réseaux sociaux constituent autant de leviers utilisés pour capter l’attention des plus jeunes et favoriser l’expérimentation précoce.
Les professionnels de santé rappellent pourtant que la nicotine demeure une substance hautement addictive, susceptible d’altérer le développement cérébral des adolescents et d’augmenter le risque de dépendance à d’autres substances.
Vers un renforcement des mesures de prévention
Face à cette situation, les autorités annoncent un durcissement de leur dispositif de lutte contre le tabagisme. Parmi les mesures envisagées figurent le renforcement des contrôles autour des établissements scolaires, l’interdiction des formes de publicité visant spécifiquement les jeunes ainsi qu’une intensification des campagnes de sensibilisation à travers le pays.
Pour Pr Elsa Nkana Joséphine Ayo épouse Bivigou, la protection de la jeunesse doit être considérée comme une priorité nationale. Elle a ainsi appelé les parents, les enseignants, les professionnels de santé et l’ensemble de la société civile à s’engager davantage dans la prévention des comportements addictifs.
Un enjeu de santé publique majeur
À travers cette mobilisation, le gouvernement entend freiner la progression du tabagisme chez les jeunes et préserver le capital humain du pays. Dans un contexte où les addictions constituent un défi sanitaire mondial, les autorités gabonaises souhaitent renforcer les mécanismes de prévention afin de garantir aux nouvelles générations un environnement plus sain et propice à leur épanouissement.
Le message lancé à l’occasion de cette Journée mondiale sans tabac se veut clair : protéger la jeunesse gabonaise contre les dangers de la nicotine et du tabac est désormais un impératif de santé publique autant qu’un enjeu de développement national.

