Assemblée nationale : drogues à l’école, poulet, manganèse, identité… les députés mettent le Gouvernement face aux attentes des Gabonais

Assemblée nationale : drogues à l’école, poulet, manganèse, identité… les députés mettent le Gouvernement face aux attentes des Gabonais

Pour la première fois depuis l’installation de la 14e législature, les députés gabonais ont exercé leur pouvoir de contrôle de l’action gouvernementale. Réunis ce mardi 2 juin au Palais Léon Mba, les élus de la Nation ont soumis le Gouvernement à une série de questions orales portant sur plusieurs préoccupations majeures du quotidien des citoyens.

Un exercice démocratique qui a permis de mesurer les priorités de l’heure et les réponses de l’exécutif face aux défis du pays.

Dès l’ouverture des échanges, les questions liées à la jeunesse et à la protection du système éducatif ont occupé une place centrale. La sixième vice-présidente de l’Assemblée nationale, Huguette Tsono, a attiré l’attention du Gouvernement sur la progression inquiétante de la consommation de stupéfiants en milieu scolaire, une problématique devenue un véritable sujet de société.

Face à cette préoccupation, le vice-président du Gouvernement, Hermann Immongault, a réaffirmé la détermination de l’exécutif à lutter contre ce phénomène qui menace l’avenir de la jeunesse gabonaise. Pour lui, la préservation de l’environnement scolaire constitue un impératif national tant les enjeux touchent à la stabilité et à l’avenir du pays.

Au-delà des questions sociales, les débats ont largement porté sur la souveraineté économique et la transformation du modèle productif national. Interpellé sur l’interdiction des importations de poulet de chair, le ministre de l’Agriculture, Pacôme Kossy, a défendu une politique visant à renforcer la production locale.

L’objectif affiché est de construire une filière avicole nationale capable de répondre à la demande intérieure tout en créant des emplois durables. Une stratégie qui devra toutefois relever le défi du pouvoir d’achat et de la maîtrise des prix sur le marché.

La question de la valorisation des ressources naturelles a également suscité de vifs échanges. À propos de la fin programmée de l’exportation du manganèse brut, le ministre des Mines, Sosthène Nguema Nguema, a présenté cette orientation comme l’une des réformes économiques les plus structurantes engagées ces dernières années.

L’ambition du Gouvernement est claire : transformer localement les matières premières afin de développer une véritable industrie nationale, génératrice de valeur ajoutée, de compétences et d’emplois qualifiés.

Des préoccupations sociales toujours au premier plan

Les difficultés rencontrées par plusieurs entreprises publiques n’ont pas été écartées des débats. Interrogé sur la situation préoccupante de La Poste S.A., le ministre de la Communication, Germain Biahodjow, a annoncé une réforme du cadre juridique de l’entreprise.

Cette modernisation devrait permettre d’améliorer sa gouvernance, de restaurer la confiance des usagers et de mieux protéger les épargnants.

De son côté, le député Dorland Chancely Olengue a multiplié les interpellations sur plusieurs sujets sensibles. Réformes éducatives, lenteurs administratives dans la délivrance des cartes nationales d’identité et des passeports, difficultés rencontrées par les populations de l’arrière-pays, prise en charge des retraités et accompagnement des personnes vulnérables : autant de préoccupations qui continuent d’alimenter les attentes des citoyens vis-à-vis de l’État.

Le rendez-vous politique du 15 juin déjà dans tous les esprits

Cette première séance de questions orales a également permis de se projeter vers les prochaines échéances institutionnelles. En clôture des travaux, le président de l’Assemblée nationale, Michel Régis Onanga Ndiaye, a insisté sur la nécessité d’accélérer l’examen des textes actuellement en discussion au Parlement.

Surtout, il a confirmé la tenue du Congrès du Parlement du 15 juin prochain, un rendez-vous politique majeur au cours duquel le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, prononcera son discours sur l’État de la Nation.

Une intervention particulièrement attendue dans un contexte marqué par les réformes économiques, les attentes sociales et les ambitions de transformation du Gabon.

Cette première séance de contrôle parlementaire aura ainsi permis aux députés de placer les préoccupations des Gabonais au cœur du débat public, tout en rappelant au Gouvernement son obligation de résultats face aux nombreux défis qui attendent le pays.

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