
Ghana : le Parlement adopte une loi anti-LGBT+ parmi les plus strictes d’Afrique
Afrique de l’Ouest – Le Parlement ghanéen a adopté à l’unanimité, vendredi 12 juin, le projet de loi baptisé Human Sexual Rights and Family Values Bill, 2025, un texte qui renforce considérablement les sanctions visant les personnes LGBT+ ainsi que toute forme de soutien ou de promotion liée à cette communauté. Une décision qui ravive un débat sensible au Ghana et suscite déjà de vives réactions sur la scène internationale.
Un texte adopté à l’unanimité
Après plusieurs mois d’incertitude politique et juridique, les députés ghanéens ont franchi une nouvelle étape en validant ce projet de loi qui avait déjà été adopté en 2024 sans toutefois entrer en vigueur. À l’époque, l’absence de promulgation présidentielle et plusieurs recours devant les tribunaux avaient empêché son application.
Sous la nouvelle législature, le texte a été réintroduit puis adopté à l’unanimité par les parlementaires, témoignant d’un large consensus politique autour de cette question au sein de l’hémicycle.
La balle est désormais dans le camp du président de la République, John Dramani Mahama, qui devra décider de signer ou non cette loi devenue l’une des plus controversées du continent.
Un durcissement sans précédent
Le projet de loi prévoit des sanctions pénales à l’encontre des relations homosexuelles, mais va également plus loin en criminalisant la promotion, le financement ou le soutien aux activités et organisations LGBT+.
Selon les dispositions adoptées, des peines de prison pourraient être appliquées non seulement aux personnes concernées, mais également à celles qui diffuseraient des contenus jugés favorables à l’homosexualité ou qui apporteraient un soutien matériel ou moral à des groupes de défense des droits LGBT+.
Pour ses partisans, cette législation vise à préserver les valeurs culturelles, religieuses et familiales du Ghana. Les promoteurs du texte estiment qu’il répond aux attentes d’une large partie de la population attachée aux traditions sociales du pays.
Des inquiétudes sur le respect des droits fondamentaux
À l’inverse, plusieurs organisations internationales de défense des droits humains dénoncent un texte qu’elles jugent discriminatoire et potentiellement dangereux pour les libertés individuelles.
Des ONG telles que Human Rights Watch et Amnesty International ont exprimé leurs préoccupations, estimant que cette législation pourrait favoriser les arrestations arbitraires, renforcer la stigmatisation des minorités sexuelles et limiter la liberté d’expression ainsi que le travail des organisations de la société civile.
Les critiques redoutent également une hausse des violences et des discriminations à l’encontre des personnes concernées, dans un contexte où les questions liées aux droits LGBT+ demeurent particulièrement sensibles dans plusieurs pays africains.
Des conséquences diplomatiques et économiques possibles
Au-delà de son impact sociétal, l’adoption de cette loi pourrait avoir des répercussions sur les relations internationales du Ghana. Certains partenaires occidentaux ont déjà exprimé leur préoccupation face à l’évolution du cadre législatif ghanéen.
Des observateurs estiment que cette décision pourrait influencer certains programmes de coopération, d’aide au développement ou d’investissement, alors même que le pays poursuit ses efforts de redressement économique.
Avec ce vote, le Ghana rejoint la liste des États africains ayant récemment renforcé leur législation contre les personnes LGBT+, illustrant une tendance observée dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest. Reste désormais à savoir si le président John Dramani Mahama choisira de promulguer ce texte, une décision qui sera scrutée aussi bien à l’intérieur du pays qu’au niveau international.

